8 mois d'abstinence pile,
23 de célibat.
J'ai le blues au coeur
Et j'envie celles qui sont encore capables de s'attacher.
Ce matin, je suis retournée dans mes archives. Je suis allée fourrer mon nez dans mes anciens écrits. Ceux que j'écrivais avant d'entrer à l'université, avant de connaitre mon premier deuil amoureux, avant de me tuer les neurones à coup d'alcool, avant que je n'accepte de rentrer dans un moule.
Ils sont quelques fois incisifs. Les mots choisis y sont tranchants sans détour. Et pourtant, ils restent tellement naïfs. J'abusais de la métaphore. J'abusais vraiment des phrases courtes qui ne contiennent qu'un seul mot. Je ne me sentais pas encore obligée de mettre plus de cinq mots dans l'une d'elle, ni d'argumenter ce que je dis, ni d'expliquer en long et en large pour être sûre que mon idée passe.
Non, j'étais juste pure, simple et dénudée.
Cette moi-là, adolescente, me manque.
Mes rêvent me manquent.
Ma poésie me manque.
Il faut que je me reconnecte à tout ça. Ca fait quatre ans que je le dis. Quatre ans que j'écris encore ponctuellement mais de manière nettement moins terre à terre. On espère que cette naïveté refera surface un jour.
La douleur de la solitude se fait lancinante. Trop pour être légère, trop peu pour absorber le nouveau venu.
Et les repas de famille où sort "Il est temps que tu nous en ramène un, hein!" sont à bannir.
Ca m'a éclaté à la gueule, comme ça, sans vraiment prévenir. Ca s'est imposé comme une évidence. C'est apparu dans le décor, comme si ça avait toujours été là, qu'il fallait juste braquer le sport dessus pour que je le remarque enfin.
Je suis cassée, foutue, déréglée, détraquée, déglingée, déshumanisée.
Il était là, devant moi, cet homme qui fut mon plan cul. J'avais pourtant eu réellement envie de le voir. Je m'étais réjouie, je m'étais hydraté le corps en entier, épilée, parfumée. J'avais même mis du blush. Je respirais la fille jolie. J'en étais même convaincue ce soir-là. J'étais sûre que si les regards se tournaient vers moi quand je traversais le bar en direction des toilettes, c'était précisément parce que j'étais une bombe thermonucléaire.
Assis en face de moi, il fumait deux clopes pendant que j'en fumais une et buvait deux bières pendant que j'en sirotais une. Il parlait, sans arrêt, de tout de rien, surtout de lui. Il a essayé qu'on parle de moi, un peu, j'ai détourné la conversation et on a parlé de lui. Il m'a dragouillé comme d'habitude, fait deux trois compliments.
Avant, il me suffisait de plonger mes yeux dans le siens pour avoir envie de poser mes lèvres sur les siennes. Mercredi, cette envie m'a à peine effleuré l'esprit après 4 Blanches. Ca s'est quand même produit, mais j'ai trouvé ça chiant. J'ai attendu qu'il soit la demie pour que le train l'emporte.
La route pour revenir chez moi m'a paru incroyablement triste, incroyablement désolée et désolante. Je n'avais rien dans le coeur. J'étais juste épuisée. Epuisée d'avoir fait semblant d'avoir envie de rester là. Epuisée d'avoir trop fumé, d'avoir eu trop froid. J'ai vomis le hambuger que j'avais mangé. Mais j'ai pas dormi. Je n'ai pas pu, je n'ai pas su. J'ai pris une douche bouillante jusqu'à m'en brûler la peau.
Je ne ressentais toujours rien que de la désolation. Rien d'autre.
Quatre jours après, je suis résignée. Résignée à ne plus pouvoir profiter de l'autre, d'avoir laissé filé mon insouciance, mon indolance.
Parce que je ne peux décemment pas le dire ailleurs.
La nouvelle est tombée il y a quelques instants : Mégaupload et sites associés ont été fermés par le gouvernement Américain.
On va peut-être enfin retrouver nos cerveaux.
(Bon, moi pas, parce que j'ai récemment succombé à Rayman 3)
Canalblog est devenu tout bleu.
Erk.
Lets talk, people!
En regardant ma petite soeur de 14 ans se débattre avec sa frustration, sa crise d'adolescence et les remises en place maladroites de notre part, je me vois. Je me reconnais d'une part dans sa crise d'adolescence : vouloir être traitée comme une grande tout en se comportant comme une gamine. D'autre part dans sa manière d'attendre en vain un apaisement magique de la part de son adorable boyfriend. (Cadette d'une fratrie de 4 filles et de 14 ans plus jeune que l'ainée, elle reproduit les schémas comportementaux que ses soeurs avaient en ayant deux ans de plus qu'elle. Mes parents démissionnaires ne placent aucune limite au temps que le boyfriend passe à la maison. Il a beau être adorable, ça me tappe sur le système qu'il partage l'ensemble de ses repas avec nous, petit dej excepté, faut pas déconner non plus.)
L'attente de cet apaisement magique provoque de la frustration qui s'ajoute à celle déjà existante. J'étais comme ça. J'ai mis très longtemps à comprendre que les gens ne liront pas dans mes pensées et ne pourront pas faire la chose miracle pour que j'aille mieux si je ne les aide pas un petit peu. Je pense qu'aider les autres à nous réconforter ça passe inévitablement par un apprentissage de soi-même. Apprendre qui on est, apprendre à identifier ce que l'on ressent et apprendre à découvrir ce qui peut nous faire du bien. Certains d'entre nous ont eu de la chance et ont eu des parents qui leur ont transmis ces stratégies de bien-être dés la plus tendre enfance. Je les envie, parce que sinon il ne m'aurait pas fallu 4 énormes échecs sentimentaux pour prendre conscience du fait que quand je suis en colère, je ferais mieux de dire à mon homme s'il est chez moi "va faire un tour, on se revoit tantôt quand je me serai calmée" plutôt que d'attendre en fulminant qu'il parvienne comme par magie à me calmer. C'est beaucoup plus constructif de parler de ce qui m'a mise en colère après que pendant. J'aurais peut-être aussi appris plus vite à savoir dire sincèrement "J'ai besoin d'être seule, je t'appelle tantôt" et pas à dire "J'ai besoin d'être seule" en pensant "S'il te plait, serre moi fort dans tes bras! Me laisse surtout pas."
On nous a éduquées dans le rêve que l'homme de notre vie allait avoir un accès illimité à nos désirs et à nos pensées. (J'enfonce des portes ouvertes, on est d'accord.) On a surtout oublié de nous apprendre qu'un rêve, ça doit parfois rester un fantasme et que c'est beaucoup plus simple et nettement moins fatiguant de dire simplement ce que l'on veut quand on a besoin de quelque chose, plutôt que de devoir gérer la frustration qui survient parce que l'autre ne devine pas ce que l'on souhaite. Y a un moment où il faut accepter de renoncer à cette utopie, je crois, ou alors accepter de vivre dans la frustration et arrêter de faire chier son entourage avec ça. C'est soit l'un soit l'autre, mais pas les deux à moitié.
Là où le bât blesse, c'est lorsque l'on se demande ce dont on aurait besoin pour se sentir mieux. J'en reviens à ce que je disais plus haut : apprendre à se connaitre et apprendre à identifier précisémment ce qui nous traverse. Est-ce de la tristesse? Est-ce de la colère? Est-ce de la frustration? Est-ce de l'ennui, de la déception, du dégout, de la jalousie, de l'envie? On ne traite pas la colère de la même façon que la tristesse, mais de la même façon que la déception. La colère est une émotion d'action alors que la tristesse est une émotion de repli. Après cette étape, trouver ce qui nous fait du bien dans chacune des émotions et le transmettre à notre partenaire peut se révéler terriblement enrichissant pour le couple, je crois.
Mon point est donc, je n'ai cessé de le répéter : soyez paresseux et économisez votre énergie en expliquant à votre moitié ce dont vous auriez besoin là tout de suite. Elle/Lui convaincu de faire ce qu'il faut faire se tracassera moins et aura nettement moins l'air d'un chien qui a la queue entre les jambes. Au final, vous vivrez sans tous les deux beaucoup plus longtemps.
Ca fait déjà quelque temps que j'ai vu cette vidéo. Elle n'a aucune valeur scientifique et pourtant, elle m'a fait réfléchir.
J'ai longtemps soutenu l'idée selon laquelle hommes et femmes peuvent être juste amis. On peut être potes, mais juste amis, j'y crois de moins en moins. Bien sûr, en surface la relation ressemblera à de l'amitié, mais si on creuse un peu, je suis pratiquement sûre qu'il y a systématiquement plus que ça, au moins dans la tête de l'un des deux protagonistes. Quand j'y réfléchis, les nombreuses relations d'amitié que j'ai nourries avec des hommes étaient tout d'abord basées sur la séduction, ensuite sur le lien affectif et ambigu créé entre nous et après sur le flattage d'égo provenant de l'intérêt que ces messieurs me portaient. Evidemment, j'éprouvais beaucoup d'affection pour eux, je les considérais vraiment comme mes amis, et je jonglais très très bien avec leurs sentiments. J'ai flirté avec certains d'entre eux, les rejetant après. Les pauvres, plein d'espoir restaient quand même à mes côtés.
A cette époque de grande naïveté et de légèreté, je ne fantasmais jamais sur une icône de mode ou sur quelqu'un que je ne connaissais pas. Je ne comprenais pas les filles qui poussaient des soupirs en voyant un apollon dans la rue. J'étais en fait déjà comblée par l'attention que ces jeunes hommes me portaient. Etre un objet de désir, non pas parce que je suis une bombe, mais plutôt parce que je semblais accessible et que je trainais dans leur entourage, me satisfaisait pleinement. Je viroveletais de l'un à l'autre, parfois me casait avec un jeune homme qui décrochait la palme.
Aujourd'hui, je regrette quelque fois cette époque. Parce que à ce moment, je ne m'imaginais pas qu'un jeune homme était intéressé par moi uniquement parce qu'il avait la politesse d'alimenter la conversation. Aujourd'hui, même lorsqu'un gay affirmé et assumé me parle et s'intéresse à ce que je lui raconte, j'ai ce réflexe malsain de m'imaginer que je l'intéresse. En fait, non, je me voile la face, j'ai toujours cherché à séduire mon interlocuteur, c'est d'ailleurs pour ça que jusqu'à très récemment je n'avais que très très peu d'amies. La différence qui existe avec aujourd'hui, c'est qu'à ce moment là, en jouant avec le feu, je n'envisageais jamais sérieusement qu'il puisse se passer quelque chose avec l'homme en face de moi.
Maintenant, si. Ca change la donne. Enormément.
Alors, l'amitié entre personne d'attirance sexuelle mutuelle repose-t-elle sur l'absence de disponibilité affective ou sexuelle des deux personnes? L'amitié profonde entre filles hétérosexuelles existe parce qu'il n'y aura jamais d'attirance réciproque entre elles. Il en va de même pour les hommes. L'amitié authentique se base-t-elle alors sur la croyance inconsciente et implicite que l'autre ne pourra jamais être disponible pour nous parce que nous ne pouvons décamment pas l'attirer? Que nous ne finirons pas un jour dans son lit?
Faites grêve si vous voulez, les enfants!
En Belgique, maintenant qu'on a un gouvernement, on fait grève contre la réforme du système des pensions. Ca paralyse le pays, mais les parlementaires votent quand même la réforme.
J'ai envie de dire : elle est belle la démocratie.
Paradoxes
Mon papa qui occupe un poste plutôt haut placé et qui me faisait toujours gagner au jeu de "Mon papa c'est le plus fort!" lit des romans d'amour. Un paquet, même.
Ma soeur que je détestais quand je jouais avec, devenait compagne d'infortune quand maman nous disputait. Nous comparions la taille de la marque de sa main sur nos cuisses pour savoir laquelle de nous pouvait crier le plus fort.
Cet homme qui pose son flingue à côté du bonsaï qu'il fait pousser depuis 20 ans.
L'étudiant qui fait la fête jusqu'à en oublier son nom tous les soirs et qui fini son année avec une grande distinction.
Les paradoxes nous rendent la vie plus douce.


